Jessica Bathelier
Avocate à Dijon

Il suffira d’une crise…

Actualité

À l’heure où l’on commence à dresser les bilans généraux de la crise sanitaire et de son impact, j’ai eu à cœur de vous livrer mon expérience. Un point de vue interne à la situation que nous avons traversée et qui a sans aucun doute, perturbé de nombreux foyers.

 

Une motivation liée à mon rôle de femme, maman solo d’un petit garçon de quatre ans. Ma responsabilité, en tant qu’avocate, devenue pleinement indépendante pendant cet épisode.

 

Le confinement m’a impacté autant psychologiquement qu’émotionnellement. J’ai vécu des instants de culpabilisation intense, face à mes obligations de porter en même temps, les casquettes de maman, maîtresse d’école, avocate et entrepreneur.

 

J’ai compris que je ne pouvais tout faire. J’étais poussée dans mes retranchements,

m’obligeant à demander de l’aide.

 

C’est d’ailleurs dans ces moments-là, que nous découvrons la solidarité auprès des personnes qui compte le plus pour nous. Mais, surtout, cela nous permet de découvrir des parties cachées en nous-mêmes, de tester nos capacités d’adaptation et de résilience.

Sur un plan professionnel, cette analyse me fut profitable. La crise du Covid-19 donna un formidable coup d’accélérateur et fut un terreau fertile pour l’expression de mes désirs les plus profonds.

 

La décision d’une indépendance a été prise rapidement. Lorsque l’avocate pour laquelle je travaillais en tant que collaboratrice, m’annonçait la restructuration du cabinet et la non-garantie de mon contrat actuel, j’y ai vu une occasion.

 

La rupture d’un lien de travail qui me mènerait vers cette liberté et autonomie recherchée. Des valeurs, qui pour moi sont fondamentales, tant en ma qualité d’avocate, que pour mon épanouissement personnel. Une liberté et une indépendance qui peuvent aussi faire peur, car assumées pleinement, elles nous laissent tout de même sans filet.

 

Ce fut donc le moment de m’interroger sur ma place d’avocate, sur ma vision du métier, comment l’exercer, pour qui et dans quel but. Au gré de mes réflexions, j’ai pu comprendre ce que je tenais tant à exprimer.

Ainsi est né le premier cabinet digital à Dijon.

 

Ma soif de liberté me poussant vers un modèle économique léger, sans trop de contraintes, il regroupe l’ensemble des convictions qui me tiennent particulièrement à cœur.

 

Ce cabinet, c’est aussi la mise en avant des moyens technologiques, afin d’assurer correctement ma relation client et le traitement de mes dossiers. Une vision novatrice du métier.

 

Selon moi, en digitalisant les processus, il est possible de se consacrer pleinement au client.  L’humain est au centre et l’avocat à l’écoute.

Investir les technologies, c’est également investir les réseaux sociaux et s’engager auprès d’une communauté de personnes intéressées par mon travail et ma façon d’exercer. Créer du lien, échanger, se former et se retrouver connecté, fut extrêmement bénéfique pour moi.

 

Le confinement m’a finalement permis de tirer parti du meilleur des médias sociaux.

Ce bilan professionnel lié à cette période est donc très positif. Je l’ai vécu comme une hibernation. Observant plus tard, la naissance du printemps, durant laquelle j’ai semé de nombreuses graines, puis finalement, l’arrivée de l’été (le déconfinement), où j’ai commencé à voir pousser les fruits de mon travail et de mes efforts.

 

En étant convaincue que la rentrée de septembre verrait sa première récolte.

 

•••

 

Toutefois, sur le plan personnel, cette crise demeurera comme une véritable épreuve.

À l’annonce de la fermeture des écoles, tout mon monde s’est arrêté. Ma vie de maman solo étant déjà bien compliquée, le confinement a exacerbé toutes ces difficultés.

 

Comme pour tout un chacun, les questionnements étaient nombreux. Comment allions-nous nous réserver des moments rien qu’à nous ? Comment ne pas se marcher sur les pieds ?

Et surtout, comment s’organiser, afin que l’enfant ne passe pas son temps devant les écrans et en parallèle, s’octroyer du temps pour travailler ?

 

Oui, nous avons vécu des instants paisibles. Et d’autres, où la charge mentale était bien présente et trop importante pour moi. Sans une figure paternelle, négligeant de surcroit ses responsabilités, mon fils a souffert d’un isolement bien lourd.

 

Plusieurs fois, j’ai cru vouloir complètement me décharger de tous ces poids. Parfois, me repliant complètement sur moi-même. Bien qu’abdiquer ne me ressemble pas, j’ai su compter sur le soutien de mon entourage pour me sortir de cette situation.

 

Aujourd’hui, si j’en parle avec sincérité, c’est pour affirmer plus que jamais cette chance de pouvoir circuler librement de nouveau et ainsi me consacrer à mon « métier passion ».

 

Aujourd’hui, je souhaite vivre le meilleur de ma vie professionnelle, mais également personnelle, en élevant mon fils dans des valeurs de bienveillance et de respect. Et à ne plus m’oublier en tant que femme.

 

Je fais le vœu de construire ce monde dans lequel la justice a toute sa place, là où les femmes comme moi, tiendront un jour des rôles-clés dans leur existence.

Voir la société se développer. Mon métier permettra cette évolution, j’en suis certaine.

 

« Incarne le changement que tu veux voir dans le monde ». Cette phrase de Ghandi est devenue mon mantra, ma devise.

 

De cette expérience et de mes ressentis sera également né un beau projet. Comme une extension de ma vocation, qui cherche à valoriser la place qu’occupent présentement, mes consoeurs et moi-même.

Le réseau 1900, est une nouvelle communauté d’avocates aux mêmes ambitions telles que la bienveillance, l’entraide et l’entrepreneuriat.

 

Un prochain article suivra pour vous expliquer le lancement de cette association.

 

Un défi de plus, qui m’amène à être toujours plus alignée avec mes valeurs, mon mode de vie et mon rôle d’avocate.

 

C’est pourquoi dorénavant, je souhaite consacrer et dédier mon métier à la cause des femmes. Cette orientation délibérée permettra de les accompagner dans leur démarche de réalisation d’elles-mêmes, d’enpowerment et de création.

 

Une évidence pour moi, que de défendre corps et âme cette nouvelle mission et ainsi devenir, l’avocate des femmes qui osent.


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